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Axe 5 : Intelligence informationnelle
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Mots-clés :
Intelligence économique, intelligence territoriale, information, documentation, analyse, diffusion, décision, infométrie, sécurité, cognition, knowledge, management, medias, désinformation, rumeur, gestion de crise, cindyniques et management des risques, ...

Historique et problématique

La recherche dans le laboratoire I3m centrée sur la notion d’information remonte aux origines de la recherche en Sic à l’Université du Sud lors de l’association du laboratoire LePont (cofondateur de I3m) avec le Crrm de Marseille en 1993. L’intitulé de ces recherches a évolué avec l’inscription de la discipline dans le champ universitaire français et international. De la problématique de veilles (technologique, scientifique, commerciale, stratégique, sociale, etc..), les travaux du laboratoire ont conduit à la définition du concept d’intelligence compétitive, puis d’intelligence économique pour aboutir à une vision plus globale d’intelligence informationnelle qui caractérise les recherches actuelles.

L’intelligence informationnelle peut être définie comme une capacité individuelle et collective à comprendre et résoudre les problématiques d’acquisition de données et de transformation de l’information en connaissance opérationnelle, c’est-à-dire orientée vers la décision et l’action (Bulinge & Agostinelli, 2005). Elle peut être envisagée comme un champ théorique et expérimental commun au renseignement, à l’intelligence économique, à l’intelligence territoriale, mais également à toutes les approches centrées sur l’information comme support de décision.

Dans leur dimension outil, ces “ sphères informationnelles ” mobilisent les techniques d’analyse de données, des indicateurs infométriques, web-métriques, bibliométriques, scientométriques, l’analyse des réseaux sociaux, les techniques de datamining ou de fouille de données. Si nous ne réduisons pas la maîtrise de l’information à des aspects techniques, d’organisation ou de gestion en revanche, les travaux qui s’inscrivent dans le sillon de cet axe font largement appel à des Recherches-actions conduites dans des domaines pouvant correspondre à des problématiques de construction d’indicateurs scientométriques de l’évaluation de la recherche, d’intelligence économique dans les organisations, d’intelligence territoriale, d’intelligence sectorielle sur internet. C’est notre propre compréhension de l’infosphère et notre capacité à concevoir et mettre en œuvre une infostratégie qui orientera notre avenir individuel et collectif.

L’intelligence territoriale, objet et champ scientifique, se pose à la convergence de l’information, de la communication et de la connaissance, traduit une relation ‘Espace-territoire’, succède à la territorialité, en tant que phénomène d’appropriation ou de réappropriation des ressources, enfin, permet l’énoncé du projet territorial lorsque l’échelon territorial arrive à le formuler. Nous inscrivons nos travaux en Sciences de l’Information et de la Communication et, en tant que tels, ils se référent aux approches sociales, c’est-à-dire inter relationnelle, à la théorie systémique, c’est-à-dire informationnelle (théorie de l’information et de l’énergie associée imputable, entre autre, aux Tic) enfin, au constructivisme, c’est-à-dire à une approche communicationnelle en référence à la territorialité qui compose et recompose le territoire.

Sous-axes

"To be information literate, a person must be able to recognize when information is needed and have the ability to locate, evaluate and use effectively the needed information." American library association.
"Être compétent dans l’usage de l’information signifie que l’on sait reconnaître quand émerge un besoin d’information et que l’on est capable de trouver l’information adéquate, ainsi que de l’évaluer et de l’exploiter." Trad. Paulette Bernhard.

"La ’culture’ ou la ’maîtrise’ de l’information (information literacy) pourrait être définie comme étant un ensemble de capacités permettant d’identifier l’information nécessaire, sa localisation, son évaluation et utilisation dans une démarche de résolution de problème aboutissant à une communication de l’information retenue et traitée. Cet ensemble peut aussi se présenter “ comme une série de compétences qui permettront à l’individu de vivre, se mouvoir et progresser dans la ’société de l’information’.”

Si l’expression anglophone ’information literacy’ est, semble-t-il, la plus répandue, on peut également rencontrer ’information competency’ ou ’information literacy competency’. Dans les textes francophones il est fait mention des expressions : ’culture de l’information’, ’culture informationnelle’, ’maîtrise de l’information’, ’compétence à l’information’.

L’intelligence informationnelle dépasse le seul apprentissage de l’informatique et du ‘numérique’ ainsi que les méthodes de recherche, intègre l’acculturation aux nouveaux supports électroniques. Idéalement, elle demande l’acquisition d’une démarche stratégique de résolution de problèmes qui font appel à un processus de recherche d’information et suppose l’adaptabilité face aux défis cognitifs posés par les TIC, fait appel à la pensée critique et métacognitive. Ces nouvelles compétences méritent d’être dispensées à tous les niveaux d’éducation et imposent une pratique de formation ’transversale’ dans les curriculums disciplinaires.Cet objectif appelle aussi à une collaboration entre enseignants, chercheurs, professionnels des sciences de l’information.

Sous-axe 1. Les compétences requises de l’intelligence informationnelle : leur formulation

Les compétences de l’intelligence informationnelle relevées le plus fréquemment dans la littérature consistent à savoir :
-   diagnostiquer et formuler ses besoins en information ;
-   identifier les ressources ou outils pour trouver cette information ;
-   élaborer des stratégies de recherche d’information ;
-   effectuer des recherches d’information en exploitant au mieux les technologies disponibles ;
-   évaluer et sélectionner les résultats d’une recherche d’information ;
-   organiser et gérer l’information retenue ;
-   intégrer l’information nouvelle à ses connaissances actuelles ;
-   communiquer et utiliser l’information de façon éthique ;
-   exercer une veille informationnelle pour se tenir à jour.

L’intelligence informationnelle requiert de la part de l’acteur qui va la solliciter divers ordres de compétences et suppose leur intégration fonctionnelle :
-   culture du texte & de l’hypertexte
-   culture de l’audiovisuel & de l’hypermédia
-   culture informatique (computer literacy)
-   culture des médias (media literacy)
-   culture des réseaux (network literacy)

Sous-axe 2. L’analyse d’information et de renseignement

Objectifs et champ de recherche 1 - Étude transdiciplinaire des processus de construction, de transfert et d’appropriation de la connaissance stratégique et opérationnelle (orientée décision et action) ; centrée sur l’analyse, elle renvoi au champ de l’intelligence informationnelle, de l’intelligence économique et du renseignement, dans une perspective plus globale de recherche, traitement, analyse et diffusion de l’info-connaissance construite à partir des données. L’approche transdisciplinaire comprend notamment, en complément des sciences de l’information et de la communication, les sciences de gestion et la psychologie cognitive ; 2 - Étude des biais cognitifs et heuristiques rendant possibles les erreurs décisionnelles ainsi que les manipulations qui peuvent leur être associées (désinformation, rumeurs, etc.)

Champ d’application
-   Elaboration de méthodes, techniques et outils d’analyse de renseignement
-   Elaboration de méthodes et d’outils pédagogiques pour la formation à l’analyse d’information et de renseignement
-   Applications dans le domaine de la stratégie militaire et économique : perception management, opérations psychologiques, guerre de l’information et la connaissance, gestion de crise.

Support éditorial Bulletin bimestriel Analystes & Décideurs

Sous-axe 3. De l’intelligence territoriale : Posture théorique et engagement du Chercheur Acteur

L’intelligence territoriale, objet et champ scientifique, se pose à la convergence de l’information, de la communication et de la connaissance, traduit une relation ‘Espace-territoire’, succède à la territorialité, en tant que phénomène d’appropriation ou de réappropriation des ressources, enfin, permet l’énoncé du projet territorial lorsque l’échelon territorial arrive à le formuler.

D’un point de vue épistémologique et méthodologique, l’expression, certes audacieuse, d’intelligence territoriale souligne la construction d’un objet scientifique qui conduit in fine à l’élaboration d’un méta-modèle du système territorial inspiré des travaux de Schwarz (1997)8. Pour ce qui nous concerne, cette démarche ne vise pas exclusivement à une modélisation de nature systémique associée à une matrice des processus territoriaux de nature structuraliste et fonctionnaliste.

Nous inscrivons nos travaux en Sciences de l’Information et de la Communication et, en tant que tels, ils se référent aux approches sociales, c’est-à-dire inter relationnelle, à la théorie systémique, c’est-à-dire informationnelle (théorie de l’information et de l’énergie associée imputable, entre autre, aux Tic) enfin, au constructivisme, c’est-à-dire à une approche communicationnelle en référence à la territorialité qui compose et recompose le territoire.

Sous-axe 4. Hypertextualité et Édition Électronique

L’intelligence informationnelle requiert de la part de l’acteur qui va la solliciter divers ordres de compétences et suppose leur intégration fonctionnelle d’après Bernhard, Paulette. ("Apprendre à maîtriser l’information : des habiletés indispensables dans une société du savoir". Éducation et francophonie, vol. XXVI, no.1, 1998. http://www.acelf.ca/revue/XXVI-1/articles/09-bernhard.html)

Ce sous-axe de recherches en hypertextualité et édition électronique propose d’étudier et de développer des prototypes hypertextuels de documents littéraires, artistiques et savants, ainsi que des modèles éditoriaux de publication en ligne. Ces définitions de prototypes s’appuieront sur une étude des usages actuels, dans une perspective historique. Basées essentiellement sur les conceptions fondatrices de l’hypertextualité de David Piotrowski, ces recherches envisagent l’encodage des contenus sous forme d’hypertextes comme l’autre versant de l’extraction de l’information, les deux relevant du même phénomène communicationnel.

La mise en ligne de corpus et de matériels périodiques organisés selon différentes structurations physiques, formelles et sémantiques, seront proposées à différents partenaires, acteurs institutionnels et professionnels de ce champ éditorial en pleine mutation sous l’influence des réseaux numériques. Les compétences mobilisées relèveront de l’acquisition de corpus, du formatage typographique, du géni logiciel, de maniement et de la maintenance de plateformes éditoriales. Les approches sémiotiques, lexicologiques et encyclopédiques, ainsi que les simulations de comportements des unités “ intelligentes ” de recherche d’information constitueront le socle méthodologique de ce programme de recherche.

Projets et contrats de recherche

-  Indicateurs de pertinence de moteurs de recherche

Les outils de recherche majeurs ont des indicateurs de pertinence qui reposent sur des technologies essentiellement relationnelles : la pertinence d’une page web dépend de la pertinence des pages web qui la citent. Les recherches qui s’inscrivent dans ce chantier s’intéressent au développement d’indicateurs de pertinence alternatifs et répondent à un souci de rendre compte de la complexité du web de façon non mutilante et non manipulatoire :
-  prenant en compte le besoin de l’utilisateur (indicateur user oriented, folksonomie)
-  prenant en compte dans leurs algorithmes de pertinence des informations colorimétriques et stylométriques.

Ces travaux ont déjà débouché sur des collaborations scientifiques avec l’INRIA de Sophia Antipolis à travers le projet e-mimetic qui a fait l’objet d’un financement Color en 2005.

-  Détecter l’innovant sur le web par des techniques non booléennes : méthode, outils, application

Dans le domaine de l’intelligence économique, la détection de signaux faibles dans l’environnement d’une organisation est essentielle. La mise en évidence d’informations émergentes, le plus en amont possible, donne à l’organisation la capacité d’agir sur son environnement. Les recherches conduites dans le cadre de cet axe se focalisent sur l’identification de phénomènes qui ne sont pas encore émergents mais latents et qu’il convient de révéler. (Knowledge Discovery in Databases). Ces recherches s’appuient sur un état de l’art qui met en œuvre des techniques non booléennes à partir de données bibliographiques dans des applications essentiellement biomédicales. En partant de ces applications, les recherches de ce chantier proposent une transposition de la logique non booléenne à des applications non médicale mettant en œuvre de l’information non structurée disponible par exemple sur internet.

-  Web-métrie : nouvelle méthodologie en sciences humaines et sociales

L’objectif de ce chantier est de montrer que l’analyse des interactions hypertextuelles entre pages web d’un domaine donné ou des échanges sur un forum de discussion est de nature à éclairer les relations entre les acteurs sous jacents dans le monde réel. Ce chantier s’appuie sur les cartographies et les indicateurs de l’analyse des réseaux sociaux. Il privilégie le lien hypertexte et ses significations. Ce chantier a fait l’objet de nombreuses validations expérimentales dans le cas d’étude de veille sectorielle (lobby antinucléaire), d’intelligence territoriale (analyse des interactions entre sites web publics en région paca, études des interactions des acteurs de la technopole de Sophia Antipolis), de suivi d’image sur forum de discussion.

-  Technopoles

Le concept de technopole s’est imposé dans les années 1980, lorsque les acteurs de l’aménagement des territoires, technocrates et élus confrontés aux restructurations du tissu industriel, ont dû se rendre à l’évidence de la globalisation. Les facilités de la communication, en accélérant et en généralisant les processus de division du travail à l’échelle de la planète, avaient entraîné la délocalisation d’activités industrielles traditionnelles qui jusque-là faisaient l’excellence et la puissance des pays occidentaux, les obligeant à se repositionner dans le secteur tertiaire à haute valeur ajoutée. Pour cela, il convenait de créer une dynamique propice à l’innovation technologique, en rassemblant les meilleurs cerveaux et en multipliant les opportunités de rencontre entre chercheurs, ingénieurs, industriels et financiers. Il fallait un environnement naturel et culturel exceptionnel, attrayant et prestigieux, facilitant l’échange et la sociabilité informelle (le concept de fertilisation croisée). Les technopoles ont été conçues comme des machines communicantes et comme des machines à transmettre, ce qui supposait des conditions optimales, l’organisation de la technopole devait donc être idéale c’est-à-dire dominée par la raison.

Diplômes associés

-  Master 2 InfoCom, Recherche, DISTIC (cohabilité Université du Sud Toulon-Var et Nice Sophia Antipolis. Directeur : Philippe Dumas (USTV), Paul Rasse (UNSA), Directeur des études : Yann Bertacchini (USTV), Norbert Hillaire (UNSA).

-  Master 2 InfoCom,, Professionnel, Intelligence économique et Territoriale, Université du Sud Toulon-Var. Directeur : Bruno Ravaz (USTV).

Membres

Á titre principal Y. Bertacchini (MCF/HDR), E. Boutin (MCF), F. Bulinge, Ph. Dumas (PR), G. Gallezot (MCF), P. Cadel (Post-doc), P. Herbaux (Post-doc), M. Sobieszczanski (MCF), C. de Bary (MCF).

Á titre associé J.Araszkiewez (MCF), H.Alexis (MCF), F. Boillot (MCF), E. Daragon (MCF), P.Gensse (PR), J. Grimaldi (MCF), V. Hauch (MCF), N.Hillaire (PR), C. Lacroix (Post-doctorante), A.H. Le Cornec-Ubertini (MCF), L.Oueslati (MCF), S. Parrinni-Alemanno (MCF), J-L Pensel (MCF), P. Rasse (PR), B.Ravaz (MCF/HDR), S. Sarmiento (MCF), E. Vercknocke (MCF).

Doctorants : J. Angélini, M. Consalvi, A. Diallo, P. Memheld, M. Rmili, N. Romma, J.F. Rouchon, G. Perrin, P. Pinczon du Sel, M. Simonet, ...

Responsable de l’axe : Y.Bertacchini (MCF/HDR).

Centres de recherche partenaires

-  (Projet) Réseau Européen d’Intelligence Territoriale, MSH, Université de Franche Comté, CAENTI (Coordination Action of the European Network of Territorial Intelligence), www.territorial-intelligence.org
-  (Projet) Le laboratoire CNRS de David Piotrowski et une équipe de recherche en informatique appliquée de The Academy of Humanities and Economics à Lodz (Pologne).

Publications indicatives

-  ARASZKIEWIEZ, J. (ss dir.) (2003). L’Héritage d’une utopie. Essai sur la communication et l’organisation de Sophia Antipolis. Aix-en-Provence : Edisud.
-  BERTACCHINI, Y. (2006). L’intelligence territoriale : posture théorique, hypothèses, définition. In J.M. PENALVA (Eds.), Intelligence collective (pp. 9-17). Paris : Presse de l’Ecole des Mines de Paris.
-  BERTACCHINI, Y. (octobre 2004). Intelligence territoriale -volet 2-, Mesurer la distance, Pensez la durée, Mémoriser le virtuel. Saint-Raphaël : Presses Technologiques, coll. Les E.T.I.C.
-  BERTACCHINI, Y. (2003). Observation des représentations virtuelles d’un territoire : Application à la technopole Sophia-Antipolis. Les Cahiers du Centre d’études et de Recherche, Humanisme et Entreprise, 260, aôut
-  BERTACCHINI, Y. & BOUTIN, E. (2003). Une lecture possible du territoire Sophipolitain : observation de ses représentations virtuelles. International Journal of I.S.D.M , 7.
-  BOUTIN, E. (2006). Biais cognitifs et recherche d’information sur internet. Quelles perspectives pour les indicateurs de pertinence des moteurs de recherche. In Actes du colloque VSST, Janvier 2006. Lille, France.
-  BOUTIN, E. & CADEL, P. (2005). Qualifier la présence d’une ville sur le Web par des indicateurs cybermetriques spatio-temporels : une validation expérimentale pour 2 villes moyennes de la région de Tunis. Colloque international de l’Institut Supérieur de la Documentation (14-16 Avril). Tunis, Tunisie
-  BOUTIN, E., GALLEZOT, G. & QUONIAM L. (2006). Détecter l’innovant sur le web par des techniques non booléennes : méthode, outils, application. In colloque Canadien des sciences de l’information (juin). Toronto, Canada.
-  HERBAUX, Ph. (2006). L’intelligence territoriale : d’une représentation générale à un concept de finalité. Soutenance de thèse de Doctorat en SIC, laboratoire I3m-EA 3820, Université du Sud Toulon-Var, 31 mai 2006.
-  PIERRET, J.D, DOLFI, F., QUONIAM, L. & BOUTIN, E. (2005). Découverte de connaissances dans les bases de données bibliographiques. Modèles expérimentaux autour de la première hypothèse de Swanson. International Journal of I.S.D.M, 20.


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